samedi 30 juillet 2011

J-2

Voilà, nous y sommes presque. Peu à peu, on se rapproche, comme à pas de loups, de notre destination : la Vendée. Lundi midi, quatre des membres de l'équipe se retrouveront à Niort pour faire ensemble le dernier bout de route ; Eloïse, elle, nous rejoindra un peu plus tard.
Lomé, Togo. (c) J. Perrin 2011
Nous échangeons frénétiquement idées de culte et textes à méditer, inquiétudes sur la contenance de notre véhicule pré-vendéen et derniers détails d'organisation, mais globalement, tout va bien. C'est-à-dire que nous nous préparons à accueillir les bras ouverts tout l'inconnu de ces deux semaines et à laisser tomber nos prétentions à la maîtrise. Ce qui, soit dit en passant, n'est jamais que vivre ce dont nous allons parler, puisque ce sera le sujet central de la conférence théologique que nous avons eu la folle inconscience de proposer.
Allons, encore deux jours et nous serons à l'épreuve de la route ! Qu'elle vous soit douce, à vous aussi.

dimanche 24 juillet 2011

Le monde est notre huître

Oyez, oyez, voici comme promis le calendrier des événements et des animations pendant les deux premières semaines d'août, en Vendée.

Mardi 2 août, temple de Foussais-Payré à 20h - Rencontre avec les étudiants en théologie. Pourquoi choisir, aujourd'hui, de faire de la théologie ? et qu'est-ce que c'est, finalement, la théologie ?
Mercredi 3 août, temple de Foussais à 20h - Conférence "Dieu est-il gratuit ?" : la question de la foi et du salut dans nos vies aujourd'hui, à travers un cheminement avec Paul. Conférence spéciale "anti-ennui", suivie d'une prise de parole des auditeurs.
Jeudi 4 août - Randonnée "marche et prière" : ballade décontractée avec lectures. Départ du temple de Moncoutant à 9h30, arrivée à Breuil-Barret, prévoir un pique-nique (les sacs seront transportés en voiture).
Le soir au temple de Foussais, 20h - Repas partagé (amener un plat à partager) et soirée contes bibliques, pour les grands et les petits. On contera et lira des histoires écrites à partir de la Bible, histoire de les entendre autrement...
Vendredi 5 août, temple de Foussais à 20h - Visionnage du film "Va, vis et deviens", suivi d'un débat.
Du 1er au 5, l'équipe sera disponible dans les locaux de l'Eglise à Foussais, pour des visites, des discussions, un café... n'hésitez pas à venir !

Samedi 6 août, salle Saint Philbert à Nourmoutier à 21h - Conférence "Dieu est-il gratuit", suivie d'un débat.
Dimanche 7 août, salle Saint Philbert, 10h30 - Culte dominical animé par l'équipe, ouvert à tous (comme tous les cultes de l'ERF, soit dit en passant).
Lundi 8 août, salle Saint Philbert, de 14 à 17h30, journée créative, avec atelier d'écriture et atelier théâtre, pour travailler à partir d'un texte biblique en toute décontraction. Ces ateliers nourriront le culte du soir.
Salle Saint Philbert, 21h : culte-témoignage ouvert à tous.
Mardi 9 août, plage des Dames, 10h - Temps de prière oecuménique, bercé par les vagues.
Salle Saint-Philbert, 21h - Causerie-rencontre avec les étudiants en théologie.
Samedi, dimanche, lundi et mardi, de 14h à 21h, à la salle Saint-Philbert, nous serons présents pour vous présenter l'expo "Ecoute, Dieu nous parle !", entrée libre.

Jeudi 11 août, musée du Bois-Tiffrais, 10h30 - Visite du musée puis pique-nique partagé tiré des sacs.
Temple de Mouchamps, 20h30 - Soirée contes bibliques.
Vendredi 12 août, maison de retraite du Boupère, 10h - Temps de culte et de partage.
Marché de Mouchamps et temple, 17h30-19h30 - Présentation d'une exposition sur le protestantisme et animations.
Dimanche 14 août, temple de Saint-Prouant - Culte dominical, ouvert à tous, avec les équipes pastorales et l'équipe des étudiants en théologie.

Tout au long de ces deux semaines, nous nous efforcerons d'être aussi disponibles que possible. Si vous souhaitez nous contacter dès maintenant, c'est possible à l'adresse suivante (clic).
Et si vous ne pouvez pas vous joindre à nous en Vendée, n'oubliez pas que nous mettrons en ligne aussi souvent que possible le récit de nos aventures, ici même, sur le blog !

mercredi 20 juillet 2011

ALA, claire fontaine


La fine équipe est dispersée : en ce mois de juillet, chacun de nous est dans un coin différent. Benji, Simon et moi nous sommes vus une dernière fois à Paris et Samuel, qui m'accompagnait, a pu faire la connaissance des deux membres de l'équipe qu'il ne connaissait pas encore. Il connaissait Eloïse puisqu'un jour à Montpellier, tandis que sa maman se débattait avec un patar furtif en cours d'hébreu, il avait pu lui faire partager les joies de Dumbo sur petit écran dans la salle des étudiants. A la fin du cours, je les avais retrouvés tous les deux, entourés d'une dizaine d'autres étudiants désoeuvrés, tous occupés à verser une petite larme au moment où la maman de Dumbo se faisait emprisonner injustement. Avec Benji et Simon aussi, il s'est très bien entendu ; tout ce qui touche à l'aéronautique papetière n'a en effet aucun secret pour ces deux-là. Bref, cette réunion s'est passée au mieux, Eloïse participant même par la magie des ondes pour donner son avis sur une histoire de sono et de T-Shirt ultra secret.

Mais depuis, c'est vrai que l'équipe s'est un peu perdue de vue. Maintenant que tout est quasiment en place "sur le terrain", grâce à une formidable équipe soucieuse de notre confort (un coup de chapeau tout particulier à ceux qui ont remis en marche la chaudière au presbytère de Foussais) et que nos diverses interventions ont pris une allure plus écrite, nous sommes à la fois plus sereins et plus inquiets. Sereins, parce que la tâche n'a pas l'air insurmontable en comptant sur notre enthousiasme partagé, nos idées folles et la grâce même ; inquiets, parce que cette aventure est une première et que nous devons tout imaginer. C'est comme de se trouver devant une page blanche et craindre autant de la couvrir de vilains graffiti qu'espérer y esquisser un chef-d'oeuvre. Tant qu'on n'a pas commencé, on ne sait pas ce qui sera.
En attendant de donner le premier coup de crayon sur la page blanche d'ERF on Tour, Benji continue à travailler à Paris, Simon est parti animer un camp ou deux, Eloïse est en Afrique, Samuel en vacances dans un pays hélas dépourvu de dinosaure. Quant à moi, je suis partie essayer de coincer ce fichu patar à Digne-les-Bains.
Ca se passe à l'Académie des langues anciennes (clic) : tous les ans depuis 30 ans, une fine brochette de professeurs tous plus brillants les uns que les autres donnent des cours de langues anciennes. Akkadien, araméen, arménien, arabe, copte, égyptien, éthiopien, georgien, grec, hébreu, hittite, latin, sanskrit, syriaque et tibétain : nous sommes une petite centaine à nous rassembler tous les jours pour apprendre ensemble les finesses d'une autre langue, dans un autre alphabet pour la plupart, afin de lire des textes dans le texte. Beaucoup viennent depuis plusieurs années ; certains sont là pour la beauté du geste, d'autres parce qu'ils ont des examens à passer ou une thèse à écrire, d'autres encore pour approfondir la lecture de textes qui leur sont importants, pour des raisons religieuses ou non. En dix jours, nous aurons beaucoup appris ; et sans doute pas que dans le domaine linguistique.
Chacun à notre façon, "académistes" et "touriens", au fond, nous cherchons peut-être la même chose : aller voir si ailleurs le patar est toujours furtif et la grâce au rendez-vous.


lundi 27 juin 2011

ERF on Tour J-50

Gare St-Roch, vue du balcon
Dans 50 jours, ERF on Tour en Vendée. Y a du nouveau (un peu) !

On a passé les examens. Certains ont bien transpirés, d'autre font ça les doigts dans le nez, c'est selon. Et y a Benji, qui depuis son bureau pensait à nous, d'un air rêveur (mais pas trop, il bosse aussi, c'ui-là).
Mais en cette période estivale, l'organisation pour ERF on Tour continue. Dire qu'on est au point serait vous mentir, dire qu'on est serein, ça on peut vous l'assurer.
Nous avons un logo (enfin presque), nous avons des affiches (ou pas loin), nous avons un programme tout bien rangé (ça se précise !), un timming incroyable (boarf), nous avons des idées qui bouillonnent et se mettent en place (ha oui, ça c'est vrai !).
En tout cas, ça mail dans tous les sens, ça s'appelle de temps à autre, ça fichier-joint et ça SMS. Ca prends forme tranquillement, et autant vous dire que ça donne le sourire !

Mais un si beau tableau ne va pas sans sa zone d'ombre. On a perdu quelques membres au passage : Guy-Bertrand et Sébastien ne feront pas parti de l'expédition avec nous cet été, ou alors ponctuellement, mais tout ceci n'est pas encore bien décidé. Comme dans chaque histoire, y a des moments de démotivations et de doutes, nous les avons à présent surmonté, et même à 4 et demi (la demi-portion, c'est Sam, vous savez...), l'aventure continue ! Et de plus belle !

Des informations futures arriveront tout bientôt, un peu de patience!


E. pour les Touriens.

jeudi 26 mai 2011

Les Touriens téléphonent maison

Petit résumé de notre réunion à Paris : dernière rencontre avant l'aventure de cet été.
Il était une fois cinq petits étudiants en théologie (dont un ex-étudiant en théo qui aime bien ne pas être comme les autres) perdus dans la grande capitale, accueillis comme des cocottes en patate, comme dirait mon fils, dans les locaux de la Maison du protestantisme, qui héberge notamment le siège de la FPF (Fédération protestante de France) et l'ERF (Eglise réformée de France), notre "maison mère". Eeeeehhh oui, au 47 rue de Clichy. La gloire. Il y avait même notre nom sur un petit panneau devant la porte du Petit Salon où notre réunion avait lieu, porte ouverte sur le jardin plein de coccinelles. Les gens du Grand Salon juste à côté, qui s'étaient réunis pour une réunion très importante (rien moins que le Conseil de la FPF), riaient parfois de bon coeur. Ils devaient se raconter des blagues de pasteur, probablement.
En aussi bonne compagnie et accueillis comme nous l'avons été, nous étions très impressionnés et il ne nous restait qu'une chose à faire : nous mettre au boulot. Nous en sommes au moment où le calendrier est presque bouclé. Nous savons où nous allons, où nous dormirons et comment nous nous déplacerons ; nous connaissons le nom des gens qui nous accueillerons sur place, nous savons que nous aurons un accès internet et que la mer est toujours là où elle est supposée être. Maintenant, il s'agit de se distribuer les tâches. Les deux filles de la bande sont particulièrement attentives à ce que chacun prenne son tour de vaisselle et ces messieurs promettent de faire des efforts de diététique lorsque leur tour viendra de faire la cuisine. Rien ne saurait nous distraire à présent de la tâche à venir.
Voici donc les informations que tout le monde attendait et que nous sommes enfin en mesure de vous donner. Les dates, les lieux, les événements ! Attention cependant, ce n'est pour l'instant qu'à titre indicatif car il nous faut confirmer tout cela avec nos amis vendéens et serrer les derniers boulons.
  • entre Fontenay-le-Comte et Foussais-Payré, en Sud-Vendée du lundi 1er au vendredi 5 août. Au programme : une journée "Walk & Pray" avec une randonnée liturgique d'une douzaine de kilomètres entre Breuil-Barret et Moncoutant, sur une ancienne voie ferrée ; des soirées de rencontres ; un concert ; des visites.
  • à Noirmoutier, du samedi 6 au mercredi 10 août. Au programme : une conférence-disputatio "Dieu est-il gratuit ?" ; culte le dimanche à la salle paroissiale prêtée par nos frères catholiques à Noirmoutier ; animations puis culte-témoignage autour de l'exposition "Ecoute, Dieu nous parle !" ; journée créative (atelier d'écriture et atelier théâtre) et culte créatif associé ; un temps de prière oecuménique sur la plage ; la visite d'une Eglise évangélique récemment implantée à Challans ; des visites. Et la plage.
  • à Mouchamps, dans le bocage vendéen ouest, du mercredi 10 août au dimanche 14 août. Au programme : groupe de maison, veillée contes bibliques ; visite du Musée du Bois-Tiffrais et pique-nique avec les paroissiens ; culte et partage à la maison de retraite du Boupère ; marché de Mouchamps ; soirée film & débat ; culte du dimanche ; des visites.
Les dates exactes seront arrêtées très bientôt et nous les mettrons en ligne, avec le descriptif des activités que nous proposerons, dès que possible. Vous pouvez d'ores et déjà nous poser des questions si vous le souhaitez, à notre adresse, erfontour@yahoo.fr
Le reste de la réunion nous a permis de débattre de la façon dont il est humainement possible de dire ce qu'il en est de notre foi. Que nous n'ayons pas réussi à trancher n'est guère étonnant : après tout, notre Eglise s'est construite dans le débat sur ce point - et d'autres. Nous sommes les dignes représentants de sa diversité. Et pour prendre modèle sans doute sur la toute prochaine union de nos Eglises luthérienne et réformée, il nous a été très difficile de nous mettre d'accord sur un nom qui convienne à chacun. Sauf que nous, nous sommes moins forts que nos aînés : nous n'y sommes pas arrivés ! alors faute de mieux, pour l'instant et en attente de meilleures propositions, nous serons donc "les Touriens".
Nous avons terminé la journée avec Martin, qui nous a fait des propositions pour un TShirt digne de nos grandes ambitions. Quelle journée.
Un grand regret : c'était samedi et nous n'avons pas croisé Michel Schaeffer. Mais si, vous savez bien, la voix la plus célèbre de la FPF ? Allons, ce sera la surprise pour une prochaine visite. D'ici là, les Touriens vous saluent bien.

samedi 14 mai 2011

Etre ou ne pas être des mini ministres

Notre Eglise s'est dotée au cours des âges de processus de formation de ses ministres. Au moment de la Réforme, le ministère pastoral est devenu le ministère de proclamation de la Parole. Celui qui incarne ce ministère porte aussi la charge de veiller sur le troupeau de l'Eglise visible. Le ministère ainsi vu résulte d'un appel adressé à une personne (la "vocation interne") et d'un envoi par l'Eglise dans le monde, la plupart du temps auprès d'une communauté (la "vocation externe"). L'un ne va pas sans l'autre dans l'ERF. Et pour préparer le candidat à l'envoi dans le monde de la part de l'Eglise, il lui faut passer par un diplôme universitaire qui sanctionnera des connaissances, une maturation intellectuelle, la capacité à articuler sa pensée à celle des autres. Il faut donc avoir obtenu un "Master pro", cinq ans après le bac, pour avoir le bagage requis.
Nous ne sommes qu'humains et donc transitoires, et notre Eglise en tant qu'institution est elle aussi transitoire, donc ça a évolué au cours des siècles et ça évoluera encore dans l'avenir, mais ce que ça veut dire aujourd'hui, c'est que les pasteurs en formation, les petiots à qui il commence à pousser des pattes au fond de l'aquarium, ne se distinguent pas des autres étudiants en théologie, c'est-à-dire de tout un chacun.
De nos jours en effet, dans les facs de théologie, on ne retrouve pas que des futurs pasteurs, ni même que des protestants de longue date, ni même que des protestants tout court. Je suis en première année à Montpellier et parmi mes camarades, certains en début d'année n'avaient jamais assisté à un culte protestant. Ce sont d'excellents étudiants et des théologiens enthousiastes. Qu'ils deviendront ou non pasteurs, qui peut le dire ? sans doute même pas eux-mêmes. 



Dans notre petite équipe, nous avons tous une position différente sur la question. Presque pasteur, surtout pas pasteur, peut-être pasteur, du "ce n'est pas encore le moment d'y penser" au "vivement l'année prochaine"... nous sommes tous en chemin à notre façon. Ce n'est donc pas en tant que futurs pasteurs que nous allons en Vendée. C'est en tant que membres de cette Eglise. Au titre du sacerdoce universel, peut-être. Ou juste de notre fougueuse inconscience, allez savoir. Et, oui, en tant que théologiens. Parce que la théologie nous passionne, que nous aimons la voir prendre chair dans les rencontres et la compréhension de la Parole dans ce monde et avec ces gens que nous rencontrons. Mais - et le débat est en cours - on peut être théologien sans être pour autant étudiant en théologie. Sans même parler d'être théologien sans le savoir, nous savons combien de nos frères et soeurs font de la théologie en Eglise : dans les études bibliques, dans de simples rencontres, dans la volonté de dire et parler ensemble, dans le partage... dans le culte aussi, bien sûr.
Alors, ça veut dire quoi d'être étudiants en théologie ? ça veut dire se donner la liberté d'être bousculé profondément par ce que nous apprenons, interpellés dans nos croyances et dans nos vies. Y compris ailleurs que dans nos salles de cours. Y compris au mois d'août ! Si nous parvenons aussi à apporter un peu de tramontane, alors notre pari sera réussi.