lundi 23 juillet 2012

La barbiche revisitée



Aujourd'hui, c'était une journée particulière.
En effet, nous entamons la deuxième semaine de notre équipée avec l'EPM. Et pour bien débuter cette deuxième semaine, après avoir pris nos quartiers au camping de Chaumont, nous sommes partis à la découverte du musée de Wassy. Et il faut bien avouer que ça nous a rappelé des souvenirs de nos cours d'histoire moderne ! Mais, convenons-en, il n'est pas inintéressant de se replonger dans l'Histoire en se trouvant sur les lieux qui ont conduit au début de la lutte fratricide entre catholiques et protestants au XVIème siècle. Et puis, au gré de notre visite du musée, l'équipe a mis au jour des questions jusque-là non résolues par les plus grands spécialistes de l'histoire, avec des conséquences pourtant immédiates. Un exemple, en regardant une gravure représentant le portrait de Calvin, nous nous sommes demandé pourquoi le célèbre Réformateur de Genève n'avait jamais pensé à tresser sa barbiche, ce qui l'aurait rendu rudement sympathique ! Quant à savoir s'il fallait se situer dans les murs ou hors les murs (c'est une des raisons pour lesquelles les historiens pensent que le Duc de Guise a fait attaqué la grange dans laquelle les protestants célébraient leur culte ; les protestants pouvant à l'époque célébrer leur culte uniquement en dehors des murs d'enceinte de la ville, c'est-à-dire dans les faubourgs), nous avons pensé transposer cette question à tous ceux qui portent une barbe à l'image du Capitaine Haddock : quand vient le moment de dormir, faut-il mettre la barbe au-dessus, ou en-dessous du drap ? En somme, tout est question de positionnement, de point de vue, car il n'est pas de vérité absolue. En revanche, la vérité se fraie son chemin quand on se l'approprie, lorsqu'on la fait nôtre. Ce n'est qu'à ce prix qu'elle intègre notre cheminement personnel, et qu'elle prend tout son sens.
Et parfois, pour que les choses prennent du sens, il faut leur laisser le temps de mûrir. Et comme nous ne sommes pas du genre à regarder le fruit acquérir sa maturité sans bouger, nous avons opté pour un après-midi détente au lac du Der. Eh oui, il fait beau en Champagne, et il est même possible de se baigner ! Si, si, nous l'avons fait !! Pendant que les plus jeunes faisaient des pâtés de sable, nous avons eu l'occasion de rediscuter, avec un des pasteurs de l'EPM, de ce que nous avions vécu la veille au Culte Café Croissant. Cela nous a permis de faire le point sur notre positionnement en tant qu'équipe, sur les grandes lignes théologiques qui nous semblent être primordiales. Partager, échanger, le tout dans un moment de convivialité. Peut-être qu'au fond, c'est aussi là que se joue la Bonne Nouvelle, dans ces moments où nous avons l'occasion d'approfondir des sujets qui nous paraissent fondamentaux et sur lesquels nous ne pensons pas pouvoir faire l'impasse. Mais surtout, ce que la journée nous a appris, c'est que l'Evangile doit être vécu, et pas seulement réfléchi. Il ne faut négliger aucun de ces deux aspects. Une Bonne Nouvelle réinterprétée pour qu'elle fasse sens dans nos vies, mais une Bonne Nouvelle qui est à vivre et pas seulement à penser.
Et puis ce soir, en revenant de cet après-midi au bord du lac, nous avons la joie d'accueillir un hôte, ancien collègue étudiant à la Faculté de théologie de Montpellier, JCB, avec qui nous avons pu, comme certains dans l'équipe le disent, « partager une tranche de vie ». Et il faut bien avouer qu'au final, le partage c'est bien ce qui nous réunit dans cette expérience de deux semaines aux côtés de l'EPM.
Apprendre, proposer ; avoir l'assurance d'être surpris ; être hôte c'est-à-dire à la fois être en position de celui qui accueille, et de celui qui est accueilli. Être hôte...ce terme évoque bien notre double situation : accueillis inconditionnellement et, dans le même temps, ayant le choix de pouvoir à notre tour accueillir Celui qui nous accueille.
La relation accueillant-accueilli n'a pas de sens unique, elle est celle qui renverse nos certitudes et nos impressions : celui qui croit accueillir est aussi accueilli par celui qu'il reçoit, et de même, celui qui est accueilli, accueille celui qui le reçoit.

C'est au prix de cette dialectique que nous pensons que chacun pourra se sentir le bienvenu et saura qu'il est au bénéfice de quelque chose qui nous dépasse : la Grâce offerte sans condition.

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